Vivant l’enfer du bruit, un citadin déprimé,
ne pouvant lutter contre démons et nuées,
décida sur le champs de quitter son quartier.

Visitant la campagne, il y trouva idyllique,
un hameau de cocagne, pastelle et acrylique,
où notes et silences lui caressaient l'ouïe.

Par la découverte de ce sublime boudoir,
le citadin hanté, mais à son grand espoir,
tenait entre ses mains sa revanche macérée.

Il y bâtit prestement des murs en béton,
contreplaqués de bois, entourés de troncs,
rappelant l'esthétisme d'une âme citadine,
sculptant affamé sa romance pastorale.

Mais non loin de là, habitait un croquant,
gouvernant campagne, bovins et basse-cour,
où un coq régentait, en chantant son horloge,
pavanant fièrement et défiant les ranz.

Sa lune de miel durant, le citadin fut sourd;
sa crémaillère pendue alerta son voisin,
de son agacement, de ces uts sans refrains.

Le paysan outré répliqua tout de go,
que son coq horloger appartenait au zoo.

Las de ses matinées, blanches et écourtées,
le nouveau riverain sollicita  justice.

Face à l'autorité le croquant argua droit,
ce faisan ne pouvant, habiter sous hauts toits,
les quittant dès l’aube pour fouler cet endroit.

Le juge goguenard eut cette phrase puérile :
"un bruit dans une foule, muet comme un lieu,
mais seul sur une île, criard comme une ville,"
donnant gain de cause au citadin heureux.

Un exode accompli valant bien un silence,
le juge somma tout haut de clouer ce bec-là,
cet exotique régent, horloger indécent.

Le croquant attristé ne put se décider,
que cette sinistre sentence soit exécutée,
c'est donc par la force que fut guillotiné,
ce coq perturbateur, sans tête ni idée.

D'où cette moralité :

Si le sens d'un exode répond à une envie,
celle de tout un chacun de changer de vie,
privilège de la force, de celui de l'épée,
de celui qui jouit de l'humeur des saisons,
le nombre étant certes mesure du raisonnable,
pour une justice bandée ayant l'ouïe aigüe,
et non pour le croquant au regard ingénu.