Ô combien d’écrivains
défiaient de leur plume
ces rois dictateurs
écrouant sans vergogne,
ces lettrés héroïques,
qui par leur courage
bravaient l'oppression.

Nul doute, nous allions
élever leurs chef-œuvres
au panthéon des dieux,
ceux de la récompense.

Pourtant non loin d’eux
bataillons d’ouvriers,
héritiers des nuées,
aux mains noires de suie,
revendiquaient désarmés
par de simples proses
la fin de leur misère.

Leurs vociférations
se perdaient dans l’oubli,
entre murs insalubres
de leur nouveaux puits.

Ô combien d’ouvriers
paysans et manœuvres,
ces damnés d'un exode,
ces oubliés mythiques,
se dressant révoltés
contre un pouvoir inique,
furent aussi décorés
pour actes héroïques ?

L’on consacre et festoie
la journée d’un cancer,
celui du sein nourricier,
de moindre mortalité,
que celui bien malin,
de notre sombre côlon,
dont le charisme ne peut
de l’esthétisme défier
celui du blanc premier.

Car les basses besognes
ne sauraient ombrager
cette blancheur laiteuse,
ces formes onduleuses;
rappelant notre couple,
écrivain et ouvrier,
ici, en notre sein
s’ignorant mais intriqués!

D'où cette moralité :

Quand une voix céleste
exprime l’injustice
c’est par la noblesse
qu’opère cette malice;
cette magie ingénue
d'un sein bien pendu
valant bien une messe
d'un macabre côlon,
dont le destin tresse
de sombres horizons.