“Marée rouge” inversée et prophétie

Ce titre fait référence à “USS Alabama” sorti en 1995, littéralement “Marée cramoisie”, qui fut traduit au Canada par “Marée rouge”. Un long périple linguistique, dont je laisserai le lecteur juge, tant le défi de traduire l’esprit d’une histoire aussi dense relève d’une jonglerie mentale d’image d’une mer vomissant, qui fut l’enjeu de deux personnalités totalement opposées.

Nos deux héros s’opposent en effet à tout point de vue, tant physiquement, psychologiquement que socialement. Gene Hackman, vieux loup depuis plus de 20 ans et un mariage épuisé, Commandant du bâtiment, entend bien faire appliquer l’ordre venu d’en haut, fut-il interrompu. Il le dit de lui-même, il est “primaire”, paradoxe humain d’un homme qui vogue dans une opulence technologique à faire pâlir n’importe quelle primate, fut-il admirateur de bâtiment marin. Denzel Washington, le Commandant en Second, quant à lui, marié deux enfants et un chien, famille idéale donc, se veut posé, et quand bien même il réussi l’examen d’immersion par l’absence de tout commentaire obséquieux lors de la plongée (l’épisode du cigare…), la nature ne tarda point à revenir par hublot imaginaire. Notre Second est un intellectuel qui réfléchi avant de passer à l’acte, il aime s’écouter parler.

Le décors est presque posé lorsque soudain un subtile détail me titillant l’esprit hors de ce capharnaüm inaudible d’information en continu, me sert en hors-d’œuvre une opposition historique inversée que nous suggère avec malice ce duo: notre intellectuel est noir alors que notre primaire est blanc, prenant ainsi par surprise un téléspectateur habitué au contraire depuis la nuit des temps. Mais l’acmé de cet enjeux plus profond surgit à la fin de ce drame. Le Commandant, donc le blanc, reconnaît les qualités de leader de son Second, le noir, et le recommande à ses supérieurs pour sa succession, demande que les juges entérinent aussitôt. Tout un programme…

Le années passent. Nous sommes en 2008, débâcle, Bérézina version crise financière pour les nuls. Soudain par une diversion inattendue mais forcément préchauffée, notre intellectuel refait surface après treize ans d’apnée, mais sans cigare. Et le revoilà qui nous tient en otage par d’interminables discours sur les choses du monde, à Whashington, rien à voir avec Denzel, toute ressemblance étant fortuite. Il exprime ses émotion, sa tendresse, verse des larmes, les siennes, bref un émotif en haut de forme. Et pour ce qui est du monologue je vous laisse seul juge… La comparaison aurait pu s’arrêter là, mais pourquoi donc se faire souffrance en si bon chemin, alors que le plus succulent est à venir; il n’y a cas suivre le titre!

Nous sommes en 2016, la roue a tourné, non pour notre intellectuel grisonnant par les interminables monologues (ou peut-être le cigare?), car sa chaise était pré-éjectable, mais pour un système bien huilé. Notre héros a néanmoins du ressentiment en quittant le perron, car il eut préféré baiser la main d’Hillary que de serrer virilement la main manucurée de notre dernier personnage, dont la tignasse est aux antipodes de notre Commandant sous-marinier, je vous le concède très volontiers. En revanche pour son côté primaire… mais que lecteur ne s’y trompe pas, ce n’est pas vers la marée sanguine que je vais l’emmener. Il n’aura donc pas droit à une critique en règle. Point de hurlement avec la meute pour ma part, où risque minimum et rendement maximum sont légions dans cette littérature lénifiante, transfert subreptice du caractère primaire ou quand la morale devient perversion. Nenni, pour cet exercice où l’outrecuidance chatouille les rayons solaires, je propose aux lecteurs engagés d’en rester à cette phrase.

Continuons donc avec les autres.

L’inversion survient sur l’ordre chronologique: le jeune part, le vieux arrive. Le primaire, alors au zénith de sa vie, n’a donc pas l’occasion de céder sa place l’estomac plein au jeune partant, dont l’avenir est encore devant lui. Il est non seulement son opposé magnifiant ainsi la prophétie de cette marée tragique, mais en revanche en contradiction avec son prédécesseur distordant ainsi leur relation. Nous n’imaginons pas en effet un Commandant plus jeune que son Second dans ce transfuge conflictuel où se joue l’avenir de la race humaine. Une chose à la fois, s’il-vous-plaît. Et Barack d’obséder Donald, ce dernier cherchant fébrilement une porte de sortie, habité qu’il est par les agissements supposés son prédécesseur, qui entretemps a troqué le sous-marin par le sport nautique, sublimant ainsi une liberté retrouvée. Donald ne pourra pas en faire autant… la messe est dite. Il croit devoir agir dans la précipitation rattrapant ainsi un retard imaginaire. Le meilleur est pourtant devant lui, à sa porte. Il lui suffirait alors de demander conseil au jeune, contre-pied, qui, quelque soit la réaction de son prédécesseur, serait libératrice d’une geôle qui enferme notre second-primaire- devenu-commandant dans d’un drame futile et pervers.

Les rumeurs nous le rappellent tous les jours, politique et pragmatisme fond bon ménage. La force d’un Homme est de faire abstraction de ces pies susurrantes, particulièrement de celles qui viennent de nulle part. Monsieur Trump pourra-t-il passer ce bizutage ou allons-nous assister béat à un mandat d’une campagne inachevée? Avenir, ô Avenir!

Deux défis pour l’industrie du Private Banking

L’écart se creuse, les richesses se concentrent et les ultras se barricadent. Un pan de la globalisation polymorphe de plus en plus contestée s’installe néanmoins dans toutes les industries de biens et services. Les banques ont un acronyme pour désigner ce segment clientèle: UHNWI, ultra-high networth individuals. Ils sont courtisés, choyés de tous les caprices et des rabais possibles et en compensation, ils peuvent apporter de véritables fortunes. Des dizaines, des centaines de millions, voire un ou deux milliards… Seulement voilà, ils ont eux aussi développé leur Etat-Major flanqués de spécialistes en tout genre, avec souvent des ex banquiers qui connaissent le système comme leur poche. La banque doit alors s’aligner, plaire ou sinon partir dans le désert du renoncement. Elle doit non seulement offrir un super et coûteux service mais de plus baisser le prix de ses prestations.

Or cette population s’accroît somme tout faiblement en nombre mais sensiblement en valeur fiduciaire, et ce au détriment de la classe moyenne dans toute sa verticalité: mécanisme des vases communiquant, les banques voient leur base de clientèle, certes bien moins fortunée mais ô combien plus stable et en un mot plus rentable, s’effriter lentement mais surement. Cette dernière est transférée aux centrales, aboutissement d’une chute sociale inéluctable… A cela il faut ajouter les caprices démographiques qui font que les baby-boomers jouissant de leur retraite, sont plus d’humeur à la dépense qu’à la thésaurisation… Il peut donc paraître paradoxal pour un système qui gère la liquidité des riches de ce monde de voir sa base sociologique diminuer, mais force est de constater que la banque n’y a en fait aucun intérêt. Mieux vaut cent clients à un million, qu’un seul à cent millions; car à même revenus nets (le deuxième engendrant des revenus pu élevés et des frais plus importants), le risque s’en trouve dilué et le potentiel développé, tout cela sur cent. Mais ne choisi pas qui veut et nos banques prennent ce qu’il reste à prendre.

Il est tout de même remarquable de constater que même le système bancaire a intérêt à une démographie plus équilibrée, mieux distribuée en terne de richesse que ce qui se trame depuis quelques décennies. Et ce qui est en mouvement ne peut être arrêté, l’horloge systémique tournant inlassablement.

Le deuxième défi est des plus invisibles et incertains, car son risque, s’il se réalise, pourrait avoir des conséquences tragiques pour cette industrie. Je veux parler du besoin de reconnaissance, celui du client cela va sans dire… un rappel à l’ordre pyramidale de Maslow que l’on croyait acquis.

Traditionnellement, l’ascension sociale, la réussite économique se matérialise par de l’argent et le banquier personnifie cette réception sociale en se tenant au service de son client nouvellement riche. Pour ce faire ce dernier doit avoir confiance, chose devenue toute relative au vue de la masse de conditions contractuelles qu’il doit signer et des mesures prises par les gouvernements. Mais au-delà de cet aspect éminemment administratif le rôle sociale que joue le banquier reste l’élément vivant, le répondant, celui qui est à l’écoute. Bref une cible anthropologique de choix pour la reconnaissance sociale et du milieu auquel le client appartient. Fort bien, mais pour combien de temps encore. L’uniforme bancaire tout comme les autres a perdu de sa prestance, de son autorité… Alors imaginez donc des gens dont l’indifférence à l’égard de cette banque est l’unique sentiment et cherchant à investir leur pécule. Cela peut paraître complètement absurde. Mal habillé ou bien vêtu tout est affaire de mode, le temps fini par donner raison. En revanche être invisible est affaire de disparition, comme marcher dans une foule ou dans un groupe qui ne vous remarque pas, ultime punition sociologique.

Nous vivons tous les nouvelles technologies avec enthousiasme, mais nous oublions que celles-ci sont devenus un point de non-retour. Or bientôt non seulement elles mettront à disposition tout ou presque de la gamme des prestations offertes par ces institutions auparavant prestigieuses, mais elles se substitueront à celles-ci comme point de rencontre et d’émulation, rendant l’institution inaudible. Si nous avons tous besoin de reconnaissance, le vecteur est en revanche déclinable à souhait au gré des évolutions et des sociologies. Et il n’y a aucune loi qui stipule que ce besoin doit passer par le chemin de la banque, loin s’en faut.

Ce deuxième défi est donc des plus aléatoire mais des plus inéluctable en cas de réalisation. Nous n’imaginons pas (du moins nous ne voudrions pas) un retour au années antérieures à la physique quantique dont l’élément économique déclencheur fut le transistor dans les années 50. Depuis 70 ans ont passé, et les progrès fulgurants ont été marqué par un tempo exponentiel. Mais au-delà de cette technologie, l’Homo Sapiens demeure dans ses besoins élémentaires, paradoxe animal, où la reconnaissance de ses pairs, de ses parents et des ses rejetons sont un des piliers de notre vie à tous, à la fois conflictuel, culpabilisant et aussi moteur d’une vie meilleur et équilibrée. Alors la banque dans tout cela…

Jean-Marc, 4 avril 2017

Pureté mathématique et destruction humaine

Ce n’est pas une hirondelle qui migre vers d’autres cieux… La contemplation de la pureté de ces courbes dessinées d’un gaz propulseur m’inspire une réflexion sur la teneur de cette trajectoire et ces quelques lignes qui suivent.

Le passage mental d’un monstre tueur, vulgaire, à celui d’une courbe naissante, presque vivante, qui laisse derrière son envol une équation du deuxième degré presque parfaite me laisse perplexe. Symbolisé par une tête illuminée, le crayon trace sa courbe avec une régularité continue d’une noirceur qui pâlit pour devenir transparente avec le temps, ajoutant ainsi cette fameuse variable à celle de sa trajectoire, non pour sa vélocité mais pour sa visibilité. Pensez-donc, le temps usé pour deux choses à la fois! Cette ligne aura disparu qu’elle aura fait disparaître l’autre: une situation qui ne pourrait consoler les victimes d’une belle mort, fussent-elles mathématiciennes…

Mais une gêne subitement me hante. Comment puis-je contempler cette traînée mortelle? Suis-je donc esclave de mes yeux au point que mon entendement oublierait l’absolue terminus de cette engin?

L’on dit d’une image qu’elle peut avoir deux sens, lieu commun de toute analyse picturale de critiques esseulés. J’y une vois une séquence mentale oscillant entre le beau et le laid, nous conditionnant au clignotement oculaire, que dis-je, occipitale, scène théâtrale de notre vue sur le monde réel et virtuel. Mais cette image ferait presque oublier le bruit assourdissant de l’engin destructeur me rappelant un marketing sourd d’objets presque inutiles dont on a subrepticement coupé tout audition désagréable. Il ne s’agit pourtant pas de l’acheter, mais de le comprendre, de saisir son trait à sa juste valeur qui aurait pu finir par un feux d’artifice dont l’explosion irradie la nuit d’une journée festive, bref instant d’une insouciance retrouvée. Le bruit étant cette fois-ci l’acmé de nos sens faisant vibrer corps et âmes à la recherche d’un temps perdu.

Aux antipodes, la réalité nous rattrape, réduisant nos corps en bouillie, cuisinant à l’ancienne nos viscères, en nous rappelant la cherté de la viande et renvoyant aux calendes grecques la tendre envolée des oiseaux migratoires.

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L’histoire artificielle

L’histoire racontée fait partie de notre existence. Elle est comme un second souffle qui nous permet de prendre goût à la vie et qui fait s’arrêter, le temps d’une narration, notre biologie chronophage. Qu’importe son origine, elle devient vite nécessaire au parcours initiatique, qui même tacite, se répète et se renouvelle. D’ailleurs, nous la comprenons bien mieux, et ce dès notre plus tendre enfance, qu’une simple équation du deuxième degrés alors que cette dernière est plus facilement programmable.

Voici donc le nœud, celui d’une rencontre entre deux univers, de l’artificiel et du genre humain qui excelle naturellement dans cette art. Mais cette excellence pourrait bien être le terreau d’une faiblesse, car à trop bien faire, cette histoire-là pourrait devenir son tombeau. Les histoires étant narrées depuis tant de millénaires, alors qu’elles ne sont ni vraies ni fausses, fruit d’une humanité qui manufacture et transforme, qu’elles ont fini par en rendre le narrateur fragile et sans défense devant cette réalité en concurrence avec un hyperréalisme, dont la confusion totale sera bientôt atteinte.

Le changement se produira bientôt. Il nous prendra au cou sans prévenir. Mais de quoi s’agit-il au juste? D’un virus utopique qui nous rendrait fou, aliéné de notre humanité? Non, bien plus simple et tellement vraie cette fois-ci. Cette histoire sera le produit de la machine. Car pourquoi attendre la venue de vrais acteurs de chaire et de sang, pourquoi mettre en scène des vacuités ou construire des portes ouvertes alors que le tout pourra être programmé avec un tel réalisme tant visuel qu’auditif que le spectateur croira ou se laissera croire que tout ceci est vrai? Il sera bien plus commode et convenable de dessiner non seulement la pièce, coup de crayon à son tour bientôt délégué, mais aussi les personnages avec un réalisme tel, qu’ils se substitueront au réel, à ces acteurs qui vivent encore.

Ils crieront, pleureront, nous regarderont au fond des yeux nous aspirant dans leur vie par une empathie qui vient de nul part, nous susciteront de nouveaux espoirs, nous persuaderont de nouvelles idées. La vie autour de nous, par nos yeux et nos oreilles, sera celle du quotidien et de l’événementiel, de la surprise et du drame et nous bercera de nos illusions, car ces personnages ne seront qu’invention nous empêchant définitivement de faire la part des choses, de séparer le réel de l’imaginaire. Nous plaindrons leurs maladies, leurs échecs, nous regarderons larmoyant la misère d’un continent, mais tout ceci ne sera qu’artificiel. D’ailleurs la plupart d’entre nous, de ceux qui ont regardé et écouté des histoires, n’ont jamais vu leurs acteurs, ni au labeur ni au repos. Alors quelle importance! Comme dans notre réalité, les vies et les destins seront narrés, les acteurs redevenus homme de la rue seront espionnés, des fangeux ayant subit échecs et décadence pourront revivre l’ivresse de la célébrité et tant de choses encore, au gré des algorithmes. Mais à la différence de notre état, l’irréel sera sans limite, sans contrainte puisque l’artificiel n’est pas une personne: fi donc de la protection juridique et haro sur ces gens venus de nul part, stimulant ainsi les plus bas instincts de notre race.

Un jour, bientôt, nous serons les premiers témoins d’un film aux images artificielles d’un tel réalisme que nous fêterons cette date comme un progrès de notre société moderne. Ces nouveaux acteurs avec leurs regards, leurs rides, leurs sueurs, seront nos fiertés engendrées comme nos fils technologiques et considérés comme nos égaux tant ils nous auront émus et touchés au plus profond de nous même. Les critiques d’auteurs, tout autant virtuels, seront dithyrambiques et nous voudrons connaître leur vraie vie et c’est alors que naîtra ce nouveau monde parallèle que nous dirigerons encore, avant que celui-ci ne prennent définitivement les rennes de son destin imaginaire.

Plus rien ne sera réel. Tout ne sera qu’histoire… artificielle. Une restructuration de l’industrie en profondeur… et de notre âme aussi.

Jean-Marc, 4 avril 2017

 

Le bon, la brute et le truand

Si l’auteur eut comme intention de tourner en dérision les oppositions politiques d’après guerre, cristallisant ainsi une guerre froide qui aura duré près d’un demi siècle, il n’en exprime pas moins, parcimonieusement, une tension entre l’opposition de forme et une transcendance des valeurs. Nos deux héros, tantôt spirituels tantôt temporels et qui au fond s’apprécient, se respectent, sont conscients des enjeux politiques s’écartant d’un principe de réalité qui d’une manière sensible et dramatique surpasse les querelles incessantes, infirmant implicitement ces tensions et leurs origines idéologiques. Des scènes marquantes unifient tant les personnages et les spectateurs que les deux chefs dirigent et initient par leur charisme et leur réalisme. L’enterrement de la vieille institutrice, ciment d’une société encore marquée par les traditions, lève le voile sur une déconcertante vérité: la transmission de la connaissance à travers les générations demeurent la première des richesse d’une communauté, tant dans son axe hiérarchique que dans sa mythologique genèse. Nous ne connaissons pas l’heure mais nous savons que la connaissance est première dans les prémisses de notre sapientalité. Le drapeau monarchique symbole d’un conservatisme historique nous rappelle que cette connaissance n’est pas le fruit d’un accord démocratique, paradoxe sociopolitiques des sociétés politiquement libres. Justement, l’homme devient libre et conscient de ses devoirs entre autres par cette connaissance et grâce à cette perche tendue, il peut se hisser et convenir d’une architecture démocratique lui offrant des devoirs, une sécurité ainsi qu’un libre choix de ses actes et de leurs conséquences.

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Tout commence avec légèreté. Cette flûte nous caressant les oreilles ironise le paradoxe d’une cène crasse à laquelle est convié le spectateur. La surprise en sera d’autant plus grande. La vérité est scandale et c’est sans ambages que sons et images nous narguent d’un excès de tout mais qui, sous le jouc d’une loi impie, se fait au détriment de l’autre. Critique d’une aliénation de l’homme, ce repas final nous tend un miroir qui n’existe pas: celui nous montrant la raie du vrai côté. En somme, cette œuvre est d’une manière subjective le croquis autobiographique du voyeur, spectateur qui ne perd décidément rien pour attendre. Alors accepte qui peut cette bifle d’avant-garde, réitération très alambiquée de la joue droite tendue…

Ce film est aussi un avertissement qui réveille des chants des sirènes qui nous auront vite endormi sur ce bateau aux milles et une nuits, trente ans seulement après des dizains de millions de morts, en nous en servant quatre de plus au palmarès; comptabilité de bas de page manifestant une inutilité rageante.

Le spectateur s’en sort groggy mais vivant. Puis il retrouve peu à peu sa vie quotidienne morne et insipide, loin des excès et trituré par cette question, pourquoi? Pourquoi tant de haine? Non assurément, pourquoi un tel suicide collectif de gens biens à qui la vie paraissait tant sourire. Le conditionnel tracasse puisque le spectateur, ô victime d’un monde injuste, ne possède pas le tantième de ces bourgeois décadents. Est-ce là le destin qu’attend notre voyeur, vicieux, caché derrière tant de concessions d’une fatigue accumulée d’une vie votive d’un artefact, celui d’une ascension sociale dont nous rêvons tous? Ces questions nous hantent. Une mise à jour du formatage est donc nécessaire, ce qui prend du temps et absorbe une énergie quantique, tel un chant glorieux maintes fois rêvé mais si piégeur. La brutalité est d’autant plus marquante qu’elle ne verse pas de sang, mort invisible et désarmée, elle nous désarme à sont tour. Nous avons tous faim et soif de liberté, mais de quoi s’agit-il vraiment? Voilà une réponse qui nous met en garde sur une trajectoire sans fin qui mène à la mort par les odeurs et dans la vase. Au fond, d’aucun n’aurait pensé qu’un traité scatologique eût si bien raconté une telle mise en garde. Dont acte.

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Au-delà d’une recette mondialisée, d’une technologie au service d’une virtuosité cinématographique et d’un casting de rêve faisant vibrer cœurs et âmes pour faire suite au cheminement languissant d’une caravane anonyme, une lecture sociologique s’impose, pour une remise en bonne et due place de toutes ces émotions. L’histoire de cette femme en devenir, somme toute touchante, est celle d’une demoiselle appartenant à une classe dirigeante imperméable à toute ascension d’outre classe. Et comme son cœur la poussait à l’inacceptable de rejoindre dans un superlatif feint les eaux glaciales du grand Nord, ce sont les événements et sa jeune personne qui régleront cette affaire promptement.

Mademoiselle souffre d’un mariage arrangé pour des raisons bassement pécuniaires dictées par sa mère, qui il est vrai, manque de psychologie… Notre histoire commence avec la victime d’un monde cruel; nous sommes en 1912 et le vaisseau vogue vers les Etats-Unis. Afin de rester pure de toute souillure, notre héroïne se doit de partir, mais ô miracle un artiste, peintre en bâtiment à ses heures pleines, passait par là, homme inspiré qui par fortune gagna les clef d’un paradis mais dont le destin décidemment en sa défaveur le fera chavirer.

L’histoire est d’une infinie platitude qui relierait les extrémités de notre Univers. Mais là n’est pas notre propos, c’était une introduction.

C’est dans les catacombes que notre héroïne découvre la vraie vie, comme si en passant, pauvreté et simplicité étaient gages d’authenticité. Mais au diable les principes, l’histoire nous guide: elle doit apprendre et tout ce nouveau monde qui pointe à l’horizon, ces ressources humaines dirions nous aujourd’hui, lui sont présentées pour compléter la formation de notre jeune apprentie. En retour, notre héroïne ne manque pas d’introduire notre bad boy, à qui il ne manque que l’accent italien, à cet oasis festif où l’acte rebelle est de manger avec les doigts sujet dont le pauvre ne saurait s’affranchir. J’ai par ailleurs attendu avec fébrilité ce moment intense où dames du monde, par tradition, après avoir contemplé leur chevaliers, couraient trépidantes et gauchement sur le gazon labouré des chevaux pour remettre à leur place ces mottes éjectées, qui dévêtaient ainsi la terre de sa féminité de toute part, vivant ainsi en leur sein une jouissance à vouloir cacher ce terrain-là dont elles ne pouvaient concurrencer. Mais ce bateau n’était assurément pas assez grand…

L’entrée en scène du vilain, à qui était promise la jeune agnèle, nous promet un beau combat de coqs, sublime plaisirs voyeuriste des arènes cinématographiques. La tension monte et notre jeune femme choisi son camp, celui de l’amour. Notre peintre en prend de l’assurance et c’est lors d’une nuit étoilée qu’il manifeste ostensiblement cet envie de couronne au grand bonheur de sa jeune maîtresse qui forcément s’y voit reine. La suite nous la connaissons tous. Le bateau, l’iceberg et les sacrifices humains.

Un saut dans le temps et nous nous retrouvons subitement en loge privée, faite d’une maigre planche flottante, malencontreusement trop petite pour deux personnes, sorte de projection sociologique en situation extrême, sauvant ainsi la jeune oie d’un gavage glacé. Le damoiseau, c’est entendu, cède sa place. Son couronnement aura été éphémère. Et c’est à cet instant que le conditionnel émerge comme une histoire parallèle, déraillant le train d’un drame connu d’avance, non celui du bateau mais de nos deux tourtereaux. Pourquoi ce maigre copeau alors qu’un débris à taille plus humaine auraient pu sauver notre couple royal d’une mort certaine? Caprices d’un bateau dont la sélection naturelle n’a cure des sentiments, le destin s’obstina. Imaginez donc, un gueux illettré et une fille du monde dans les jupes d’une mère comptable. La suite lénifiante d’une histoire qui aurait conduit au divorce et à la ruine… L’ultime sacrifice social se fera dans le cynisme le plus pervers par le chantage émotionnel, sublimation d’un épisode tragique qui se transformera en quête onirique d’une femme, à qui la ressource humaine lui servira de strapontin pour une longue vie, sauvant au passage, non pas une amourette juvénile, mais une classe dirigeante qui puise sans retenu dans la dépouille des fangeux pour se nourrir d’une vitalité presque éternelle. Car notre jeunette devenu femme a vécu fort longtemps et l’argent, fruit d’une grossesse platonicienne et sacrificielle, ne lui fit point défaut. Madame a réussi, tant mieux pour elle.

La tromperie est le ferment de ce drame où la valeur marchande se propage à la race humaine comme depuis la nuit des temps. Alors que nous luttons contre cet ignominie, l’image et le sons nous distraient sans scrupule vers une fatalité qui se veut millénariste. Nous croyions le sacrifice humain désuet, appartenant à un passé sombre et décadent, et le voilà qui refait surface dans une lutte de classe veine et illégitime!

***

Aucune de ces trois œuvres n’est pionnières dans son registre, mais elles contrastent quant à leur valeur, leurs idées et leurs médiatisation. Elles se suivent dans le temps marquant leur époque dessinant ainsi la trajectoire d’une société qui bouge, évolue et dont certaines valeurs si durement acquises sont implicitement mais efficacement minées.

Le premier montre au grand jour tant le mensonge que la vérité, les défaillances des uns et des autres, qui dans un rapport conflictuel donne cette impression de déjà-vu, à savoir la nôtre. L’idée de point de vue est condensée dans ces histoires picaresques faites de joutes verbales et d’aventures avec un deuxième degrés qui stimule l’imaginaire, où cette guerre entre clochers cultive le ferment de ces Actes dont la somme pourrait se résumer en tribulations d’après-guerre. Le paradoxe feint est cette cohabitation entre ce que l’œuvre montre et résonne littéralement et l’imaginaire que le spectateur peut y cultiver; les deux en fait se complètent. Point de concurrence et partant accord entre forme et fond. Le scénario jouant cartes sur table le spectateur n’est pas dupé et peut se faisant en tirer le fruit qu’il désir.

Par son avertissement, mais fidèle sur le fond, le “second” 1 garde cette forme triviale en la poussant à l’extrême comme ces passages bibliques qui outrepassent notre entendement. Traduits directement de la source, quitte à en inverser l’écriture, nous assistons à une descente aux enfer lyrique et moribonde trahissant les espoirs de tous, rejetons orphelins de cette société sophiste et vulgaire. Son caractère extrême révèle non seulement une pratique ancestrale qui appartenait à ceux d’en haut mais aussi une nouvelle normalité, coupée du passée, qui s’impose et oint le peuple de son parfum suffoquant.

Notre troisième larron quant à lui ne se prive d’aucun scrupule; il narre subconsciemment le défilé historique d’une classe qui vit au travers des âges détachée des affres si ce n’est celles de perdre ce qu’elle possède. Le sophisme en est la règle et la dissimulation son médium. Ce parfum aristocrate encense ces fruits étranges et bleuâtres que l’on voit suspendus ça et là 2, nous dissuadant de toute révolte. Ils parcourent le monde où le soleil ne cesse de se lever 3, enivrant corps et âmes, par ces lanternes qui nous pressent dans les coins les plus reculés, pour y rester à jamais.

Alors levons-nous et sortons! 4

Jean-Marc, 3 avril 2017

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1 Hommage à Louis Segond et à son œuvre

2 Hommage par assonance à Abel Meeropol, auteur du poème “Strange Fruit” interprété notamment par Billie Holiday

3 Réf par assonance à “House of the Rising Sun, origine incertaine

4 Donc Camillo, La Grande Bouffe, Titanic

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Art contemporain, une alternative?

Une guerre silencieuse

Je commencerais par une digression. Le Russe Grigori Perelman célèbre pour la solution du problème de topologie posé en 1904 par le mathématicien français Henri Poincaré, sur lequel il avait travaillé pendant sept ans, refusa la récompense d’un million de dollars promise à celui qui aurait résolu ce problème centenaire. Cela déclencha un émoi d’incompréhension. Sa récompense, Perelman l’avait obtenue par lui-même, par cette formidable résolution -une découverte en soi- mettant au placard toute prétention pécuniaire. Somme toute, son détournement nous renvoie à une de nos peurs, celle de ne pas avoir assez de pain alors que son garde-manger doit être plein à ras bord lui donnant ainsi libre-court à son imagination: bien éloignés de toute considération comptables Grigori a malgré-lui tué l’argent.

Ce témoignage prégnant met en exergue l’évolution de notre société et de son art, celle d’un besoin imminent de récompense matérielle. L’ultimo de ce mécanisme bien rodé est la certitude d’un gain en espèces avant même d’avoir ébauché l’œuvre, summum pictural d’un art continuellement contemporain. En finance, on appelle cela un “arbitrage”, acte au demeurant délictueux et punissable s’il se réalise sur la base d’une information initiée… D’un tel modus operandi surgit la question sur la distinction entre “art” et “art contemporain”. Un souci minutieux du profit à court terme, une parfaite corrélation entre le nombre de points pixélisables à souhait et le nombre de pièces, profit sublimé par l’artiste, créateur de richesse.

De cet appât du gain émerge un problème de conscience et pour y faire sa place, l’artiste contemporain doit tuer le père, comme Léonard de Vinci qui eut l’outrecuidance de peindre une femme pour la vie, pour toujours, art qui fût à l’époque contemporain lui aussi, mais depuis devenu subversif, car nous rappelant une vérité dans sa plus simple expression, celle de l’art qui suggère, derrière le masque du réel, une vérité qui nous dépasse encore aujourd’hui. Il est en effet frappant de constater que l’art contemporain ne suggère pas, mais qu’il impose une interprétation par évidence. L’œuvre ne force pas le contemplateur à l’effort mental au contraire d’une peinture classique dont l’interprétation doit être mentalement extraite de son contexte réel demandant un effort supplémentaire… dont le lecteur pourrait reprocher l’élitiste analyse que je lui sers, un comble pour une critique de cet art d’aujourd’hui. Une évidence pur votre serviteur.

Finalement l’artiste contemporain se positionne contre l’art des cavernes, car il n’a ni de temps à perdre ni forcément le talent dont il est fiévreusement à la recherche, perdu qu’il est dans les méandres pyramidales d’un Maslow dictateur.

D’un retour à l’enfance, du déjà vu au pays des nains de jardin ou d’amas plein de gravier, il est vrai qu’un môme de trois ans ne peut exécuter une toile de maître contemporain, constat objectif que je partage sans ambages, tout comme il serait incapable de dessiner avec fidélité un Mickey Mouse. Et l’artiste contemporain, le peut-il? Question oubliée par les critiques qui, partant, pensent naïvement que ces artistes des temps nouveaux le peuvent, se bornant alors à l’allégorie et la profondeur d’exécution, perdant le lecteur dans les méandres d’un projet sans fin, ou remake du project manager moderne. De l’aspect non aléatoire (qui reste à prouver) et discriminatoire de ces nouvelles œuvres, ces demandeurs d’asile en oublient l’objet de la critique, lançant un réel défi à ces artistes novateurs. Au risque d’entrer en conflit, ce qui serait le plus blessant dans l’affaire serait non pas cette absence de don, mais ce rappel un tantinet subversif à la réalité de l’aspect infantilisant de cet art toujours d’aujourd’hui, puisque dominé par le profit. D’où la digression…

Triptyque et tour de passe-passe

Pourtant désintéressé du Business Art, je suis récemment tombé sur un article qui titrait: “Le peintre le plus torturé bat le record de vente aux enchères”, cent millions pour une “Triptyque” exécutée par Francis Bacon en 1969. Je me suis alors souvenu de ces photographies en noir et blanc, celles des gueules cassées, réelles celles-là, et dont l’horreur maigrement atténuée par de dévouées infirmières, dont j’ entendais la voix douce et apaisante, rappelant combien, ô combien, la recherche pathétique du profit avait sa part de responsabilité dans les misères de l’Histoire de l’Humanité.

Le passage d’une réalité insoutenable à celle, intellectualisée, d’un néoromantisme bourgeois, dans l’oubli et la conversation, nous révèle une triptyque de cet art contemporain qui n’est pas celle que l’on croit, car que l’on voit, mais tout comme la Joconde, implicite, lit de notre histoire dramatique.

Voici donc la Triptyque classique, que je qualifie de néoromantique, à 100 million de Dollars…

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… qualificatif dérivé de cette Triptyque réaliste, du passage par l’oubli.

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Et de proposer comme deuxième peinture, celle du centre, un monochrome blanc comme symbole amnésique comme évidence d’une fuite de la réalité vers ce néoromantisme dont je faisais justement écho.

Loin de moi de vouloir créditer l’art vrai d’un gage de vertu, mais je crie cette générosité nourricière, prodiguant soins et apaisements à la misère de ce monde qui fiévreusement cherche à transformer du bronze en or… Monsieur Bacon, du moins post mortem, aura plus que réussi cette alchimie contemporaine en 83 mille onces d’or, soit plus de deux mille trois cent kilogrammes de ce saint métal au cours de mars 2017. Pas mal pour une conversion. Les critiques convertis en analystes financiers depuis belles heurettes nourrissent ce marché alternatif en y insufflant flots de commentaires qui graduellement ajoutent de la valeur à l’objet. D’ailleurs, ne pas considérer une œuvre contemporaine c’est risquer le bilan médical des plus sévères car au moindre doute sur la valeur et les cours s’effondrent.

Un présentoir à l’affiche

Pour remettre en perspective “art” et “art contemporain”, c’est ce dernier qui, pour être mis en valeur, est exposé dans le cadre du premier et non l’inverse; témoignage d’une histoire ontologique où l’emprunte créative bien que réduite momentanément à l’état de présentoir demeure imperturbable telle une ipséité de granite que l’homo sapiens contemporaïnus ne pourrait détruire, raison chronologique de la créativité humaine. Même réduit dans le galeta de la jalousie, l’art historique nous chuchote l’origine de notre espèce et son arrière-petit rejeton freudien, criant de plus belle dans les “espaces muséaux”, son besoin de reconnaissance et d’espèce sonante et trébuchante, ne pourra obtenir que maigre consolation. Mais au travers ces frasques spéculatives, je me demande si notre gotha n’a pas voulu s’approprier une vertu en y imprimant sur l’arbre de l’Histoire un “j’y étais” pour ressembler un instant aux princes d’autrefois.

Une explication par saturation

Finissons par une hypothèse certes fragile et si contemporaine à la fois.

Depuis la nuit des temps l’homme vit au milieu de la nature, et même les plus éloignés en sont entourés, tributaires. Le paysage est fait de quelques couleurs dont les yeux résument l’aspect, la forme et la teneur. Nous regardons un arbre et ses feuilles comme un tout et non toutes ses feuilles une par une. La pluie est l’ensemble des gouttes d’eau qui tombent et non ces gouttes d’eau que nous pourrions voir distinctement dans le temps. La nature de par son identité, sa fonction et ses attributs est reposante. Normal nous y sommes né, c’est notre environnement naturel. Or depuis prêt d’un siècle, le paysage s’est complexifié. Les artifices qui composent notre milieu se sont incroyablement démultipliés en détails que nous serions reproduire de mémoire. Ces innombrables objets ont de plus une signification distincte nous empêchant de les unir comme nous le faisons des feuilles en feuillage, créant ainsi un effet de saturation visuelle et mentale. Celles-ci par effet compensatoire, d’une symbiose toute physiologique qui nous rend assoiffé après un bon repas bien salé, nous rend plus que perméable à une vue simple et reposante, caractéristique notoire de notre “art contemporain”. Je ne stipule pas une corrélation parfaite, mais une tendance certaine entre l’environnement et un besoin dans l’objet observé. C’est une piste pour une analyse certes peu glorieuse, dont le prosaïsme étoufferait tout velléité d’un grandiose génie humain, mais qui a pour le moins la vertu de nous épargner tout jugement des plus subjectifs, je pensais au gout des autres… Nous compensons notre environnement hyper détaillé par un décorum aux lignes et couleurs relativement simples et dont l’intention est explicite. Un Picasso est en effet par définition une fiction picturale. La libre d’interprétation en est donc le point de départ, c’est même un truisme.

Chemin faisant, finissons donc par une note positive, une évidence même: cette simplicité, ce manque de rigueur se jouant de l’escroquerie intellectuelle comme un équilibriste suspendu au-dessus des chutes du Niagara attaché à son fil protecteur, nous a ouvert la voix à une légèreté saine, alternative du parfois lourd historique. L’art contemporain a rempli pour la joie de nos cônes & bâtonnets ce besoin de distraction et d’amusement, nous donnant à tous un peu de fraîcheur et d’originalité dans ce monde bien amer.

Et de finir, que le commun des mortels n’a peut-être pas saisi le message d’une œuvre contemporaine, mais les critiques ont-ils compris le besoin de l’Homme? Se sont-ils compris eux-mêmes avant de juger autrui?

Tout un programme.

Jean-Marc,  3 avril 2017