Dans l'enfer du bruit un citadin déprimé, ne pouvant lutter contre démons et nuées, décida sur le champs de quitter son quartier. Visitant la campagne il trouva idyllique, un hameau de cocagne, pastelle, acrylique, où notes et silences caressaient l'ouïe. En découvrant là ce sublissime boudoir, le citadin hanté mais à son grand espoir, tenait entre mains sa revanche macérée. Il y bâtit prestement des murs en béton, contreplaqués de bois, comme entourés de troncs, criant l'esthétisme d'une âme citadine, sculptant affamé sa romance pastorale. Mais non loin de là habitait un vieux croquant, gouvernant campagne bovins et bassecour, où un coq régentait en chantant son horloge, pavanant fièrement et défiant les ranz. Lune de miel durant le citadin fut sourd, crémaillère pendue alerta son voisin, de son agacement de ces uts sans refrains. Le paysan outré répliqua tout de go, que son coq horloger appartenait au zoo. Las de toutes matinées buvant le calice, le nouveau riverain sollicita justice. Face à l'autorité le croquant argua droit, ce faisan ne pouvant habiter sous hauts toits, les quittant dès l'aube pour fouler cet endroit. Mais le juge goguenard de lever la voix: "Un bruit dans une foule muet comme un lieu, mais seul sur une île criard comme une ville", donnant gain de cause au citadin très heureux. Un exode accompli valant bien un silence, le juge somma tout haut de clouer ce bec, au drôle de régent, horloger indécent. Le croquant attristé ne put se décider, cette sombre sentence d'être exécutée, c'est donc par la force que fut guillotiné, ce coq perturbateur sans tête ni idée. Du ciel il en tombe cette moralité : Quand un exode au loin répond à une envie, celle de tout un chacun de changer de vie, privilège de force, celui de l'épée, de celui qui jouit de l'humeur des saisons, le nombre étant bien mesure du raisonnable, pour la justice bandée à l'ouïe aigüe, et non pour le croquant au regard ingénu.
Auteur: Jean-Marc Pauli