Quelle association peut-on bien trouver entre Donald Trump et Domino’s Pizza ? Question saugrenue qui ouvrira à vous autres lecteurs & lectrices une compréhension nouvelle, originale ? de la situation politique actuelle des plus instables et anxiogènes, cela va sans dire.
Commençons par rappeler que la politique et la communication ne sont pas la même chose. En effet la première transcende la seconde. Il y a souvent divergence entre communication et implémentation d’une politique sans que cela soit considéré comme hypocrite voire corrompu. Les nécessités sont telles, que la voix doit être maîtrisée, car il faut garder à l’esprit que le même message est entendu par nos deux oreilles, mais écouter par notre cerveau.
Différence et hiérarchie rappelées, nous pouvons passer à la méthode.
Notre président bavard est en effet de plus en plus affublé d’adjectifs médicaux. Je cite une intervention de Jeffrey Sachs du 5 avril 2026 :
« American professor Jeffrey Sachs stated that psychiatrists have diagnosed Trump with a severe mental disorder, characterizing him as impulsive, paranoid, and lacking rational thinking, traits that, according to them, could push the United States toward a disastrous war. »
Je propose de procéder par élimination, d’où mon rappel succinct mais si essentiel pour ne pas tomber dans le piège de la rationalité dans l’irrationalité. Je m’explique : Afin de diagnostiquer une maladie mentale, le psychiatre procèdera par élimination somatique avant de tirer une conclusion psychologique. En effet, un sourd-muet ne pouvant exprimer avec nuance concepts et émotions souffre en moyenne plus souvent de dépression qu’un aveugle, qui lui peut par l’expression orale accéder corps et âme aux finesses émotionnelles et philosophiques. La différence physiologique entre les deux personnes est la cause de la différence psychologique.
Pour mon hypothèse j’utilise un exemple, une analogie, qui, aussi bizarroïde soit-elle, offre une compréhension de la situation actuelle et rétablie une certaine rationalité avant de tirer hâtivement toute conclusion psychiatrique.
Je rappelle donc les faits de mon analogie. En 2009, Domino’s Pizza fait face à une crise sans précédent avec une expression qui fait le tour du Net : « Pizzas are cardboard » (les pizzas sont du cartons). Summum du dégoût, les clients et autres badauds de l’image voient, écœurés, un cuisinier enfoncer un aliment dans sa narine… Le PDG n’a pas le choix et prend une décision drastique et radicale se résumant par trois expressions : transparence, réinvention du produit et repositionnement « numérique » de la marque. Le succès succédera à la débâcle, les clients étant servis de récompenses émotionnelles au quotidien. Ils passeront de la colère, miroir d’une image souillée de la compagnie, à une reconnaissance, une situation de « born again », résurrection émotivo-voyeuriste, que cette clientèle finira par célébrer en direct. Cette prise en main de la situation par cette gestion de crise de l’image fut le reflet d’une émotivité à fleur de peau, qui gérée en valeur absolue, devint un puissant vecteur de reconversion et de succès pour Domino’s Pizza. Le retour fut d’autant plus fulgurant et puissant que la crise et le rejet furent cinglants. Les nerfs du PDG étaient en aciers, assurément.
Penchons-nous maintenant sur notre situation politique aux États-Unis.
Tout d’abord le personnage. Il n’aura échappé à personne que Donal Trump est un grand artiste de la communication. Films, publicités, discours… on ne compte plus les mises en scène : la caméra et lui ne font qu’un, comme l’émulsion de la cuisine moderne… elle est un langage comme la règle pour l’architecte, le compas pour le marin, le Power Point pour le consultant… Vous me pardonnerez je l’espère cette causticité qui bouillonne en moi. Alors continuons.
Ensuite les faits. Donald Trump consomme son deuxième et dernier mandat par les deux bouts de la chandelle. Il n’a donc rien à perdre, si ce n’est une deuxième oreille, et pourquoi pas, tout à gagner pour l’après-mandat. Mais en l’occurrence, c’est mon hypothèse, il ne s’agirait pas uniquement de lui. Au-delà de la lutte bien réelle des différents lobbies, de sa gestion post mandat au 29 janvier 2029, il y a un suivi politique qui est personnalisé par deux politiciens ambitieux et potentiellement présidentiables : Le Vice-Président J.D. Vance et le Secrétaire d’État Marco Rubio. Le premier est nuancé sur la guerre en Iran alors que le second se manifeste clairement en faveur d’une action musclée. Le prochain ticket pour novembre 2028 offre donc plusieurs possibilités pour les Républicains.

Passons maintenant à la stratégie de communication. Nous y voilà enfin ! Reprenons notre histoire de pizza, mais au conditionnel. Le rôle de Donal Trump pourrait être double : le pizzaiolo qui insère jusqu’à la nausée un aliment dans ses narines, et le PDG qui pourrait instiller une remontée du cours de bourse de l’action Republican via le ticket Vance/Rubio (ou l’un des deux peut-être), tout en engrangeant de juteux bénéfices. Oui l’occasion fait le larron, c’est la nature de l’Homme et du règne animal. Après avoir touché le fonds de l’ignominie, de la vulgarité et de la menace en tout genre, et tout ceci servi au quotidien, à la minute ! l’actuel président pourrait choisir un point d’inflexion, revirement moral immergeant les citoyens dans une pâte « born again », et je prends à témoin mes lectrices & lecteurs, je me cite mot à mot (je me plagiarise…) : « résurrection émotivo-voyeuriste, que la clientèle finira par célébrer en direct ». Évidemment la communication est subordonnée aux nécessités géopolitiques, point de contradiction donc. Mais le jeu émotionnel permet à celui qui le manille avec aisance de créer un double flux, et de conserver l’initiative politique.
Une hypothèse certes, mais dont les éléments sont séparément rationnels et reconnus de tous. C’est donc leur combinaison qui offre cette potentialité, répondant ainsi à cette question saugrenue de l’association Domino’s Pizza et Donald Trump. Suis-je trop naïf ? Ou est-ce une stratégie trop complexe et trop risquée ? Elle est à portée de main de Donal Trump tant sur le plan politique que sur le plan de la communication. Je vous rappellerais, ô lectrices & lecteurs, que la Terre continue de tourner quand vous pencher à angle droit votre cou pour visionner les nouvelles en continue sur votre Smartphone et que le président le sait…
L’objectif était de trouver une explication rationnelle, politique, qui sur le long terme ait un sens : communication par la gestion de l’émotionnel, promotion de deux candidats potentiels et opportunisme. Alors à celles et ceux qui sont arrivés au bout de cet article, je vous invite à une mûre réflexion sur cette hypothèse et surtout à l’observation des événements à venir.
A tout bientôt !